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Date de création : 03.02.2012
Dernière mise à jour : 05.07.2014
63 articles


La mort du romantisme acte 19... Scène 1

Bouh... La mort du romantisme acte 19... 
...Transpercé par une flèche, ou “Esprits criminels”...
...Scène 1: Bienvenue dans la mode...

 

Station Gallieni, terminus de la ligne 3. 
Le métro débouche directement sous le périphérique, entre de hauts pilonnes où le vent s'engouffre en continu, créant un immense courant d'air. Celui-ci vous saisit la gorge en toute saison et la livre en pâture à toutes sortes de saloperies, du simple rhum à l'angine blanche.
Les jours d'intempéries, vous y redécouvrez également la pluie. Des trombes d'eau filtrent à travers la route et tombent en cascade entre les passants et les vendeurs à la sauvette. Vous vous demandez alors qui, entre les mairies de Paris et de Bagnolet, endossera la responsabilité quand la couronne d'asphalte vous tombera sur la gueule.
Après quelques pas pour vous mettre à l'abri, un tour sur vous-même vous permet de prendre la mesure des alentours.
Gare routière internationale, départ de bus desservant tout un pan de l'est parisien et terminus métropolitain limitrophe de la capitale, le paysage se compose de vieux béton décrépit et laissé à l'abandon, qui lui confère un aspect de vieille friche industrielle grisonnante et délabrée. Des entrepôts transformés en magasins viennent couper l'horizon, et ces cubes de tôles forment une immense une cuvette, délimitant un espace vide de tout, et pourtant rempli de gens en perpétuel mouvement. Une véritable fourmilière, étrange, terrifiante et étouffante.. 
Mettre les pieds là-bas vous inspire la sensation d'être arrivé au bout de quelque chose, sans jamais savoir de quoi. Dans toutes directions, la même chose vous attend. Tout se ressemble, trop grand, démesuré, impersonnel et dénaturé. Comme si pour vous laissez passer, la froideur de l’endroit et l’immensité de l’espace vous délestait de votre humanité. 
Et cette même impression se lit sur les visages de tous les voyageurs, les yeux braqués au sol et le pas pressé. 
Le lieu n’invite en réalité qu’à une chose: s’enfuir.
Malgré son côté repoussant, il génère pourtant un trafic humain immense et constant. Avec un tel brassage de population, un centre commercial y a naturellement fleuri sur trois étages. 
"Bel Est", pour le personnifier. 
Et dans sa galerie, les places sont chères.

Articulé autours d'un hyper marché Auchan, tous les types d'activités s'incarnent via une trentaine de boutiques, offrant au moins deux concurrents dans chaque domaine. 
En face de la ligne de caisse "High Tech et loisirs" du mastodonte de la distribution, le deuxième étage abrite des commerces tel Photo-minutes ou France loisir.
L'étage inférieur pullule d'enseignes de prêt à porter, Camaïeux, Mim ou encore Celio. Au milieu de ce déferlement vestimentaire, un point de vente Bouygues jouxte un Score Games, et deux bijouteries proposent des produits clinquants et tapes à l'oeil, à deux pas du tabac toujours plein à craquer. La file d'attente du distributeur "La française des jeux" ne désemplit jamais, et les tickets perdants recouvrent le carrelage jauni par le temps.
Au rez-de chaussée, un marchand de cuir, à côté du Micromania, côtoie Orange, Ronald MacDonald ou le plus franchouillard Paul, juste en face de l'agence bancaire qui abrite les comptes de tous les commerçants.
Bien que les années écoulées soient visibles sur chaque armature et que des bouts de faux plafonds tombent régulièrement du ciel, la fréquentation de la galerie reste constante et réellement fidèle.
Les centres commerciaux sont des mondes à part entière, et comme dans tous microcosmes, la vie obéit à des règles et des traditions tacites. 
La deuxième entrée, située au premier étage, fait désormais office de droguerie: shit et cocaïne sont à disposition dans une discrétion toute relative. Pour y avoir accès, il suffit de supporter les insultes et l'odeur qui règne à partir de 19h. La quinzaine d'employés du drugstore descend autant de pack de Kro qu'ils roulent de joints, et comme chacun sait, la bière fait pisser. Les fins de journée s'accompagnent de vapeurs d'urines, mixées avec un zeste de sueur âpre aux relents de houblons. Quand les affaires vont bon train et que la recette fut bonne, la fine équipe termine son service sur une touche sportive: un combat de boxe avec le premier venu, qui aura eu le tord de passer au mauvais endroit, au mauvais moment.
Mais parce que l'homme s'habitue à tout, on finit par se fondre dans cet environnement et se convaincre qu'il y a toujours pire ailleurs (Ahh... Colombes et les 4 chemins... NDLR). 
En dépit du turnover réguliers au sein des enseignes, certains commerçants font office de doyens et de véritables figures de proue dans le centre. La vendeuse de cuir, par exemple, arpente le même carrelage et les escalators depuis une décennie, et son savoir historique n’a d’égal que sa technique de vente, rodée comme une montre suisse..
Pour votre première pause déjeuner dans ce nouveau cadre, vous faisiez le tour des enseignes, cernant l'atmosphère et l'ambiance générale. A peine entré dans l'échoppe de peau tannée, la quadra décela en vous une tête inconnue, à peu près fraîche, et enclencha la "machine à billet" avec la spontanéité et la gouaille de l'experte:

-Franchement, cette veste est faîte pour toi. C'était écrit!!! Je te la fait à 800 euros. Et comme tu portes déjà du cuir, et que t'es plutôt mignon, je te fais la deuxième pour 1 euro de plus.
-Euh, ouais, merci, c'est cool. Je repasserai, de toute façon je travaille à l'étage, chez MIM, donc je suis là tous les jours...
-Ah bon, mais fallait me dire que tu bossais ici. Je te fais la première à 200... A prendre ou à laisser!!!
-Merci, je vais réfléchir...

En rentrant dans son jeu, un deuxième euro supplémentaire vous rapportait un tapis. Enfin... Les traditions rendent l’environnement plus sympathique et beaucoup moins oppressant. 
Et quoi qu’il en soit, vous n'êtes qu'un acteur parmi tant d'autres dans la grande comédie commerciale. Pour reprendre le slogan: "tout le monde trouve son bonheur à Bel Est".
Alors pourquoi pas vous...
Et bien, voilà pourquoi...

En poste depuis quatre mois, vous commencez à trouver votre rythme de croisière. La crise bat son plein, aussi bien en bourse que dans la médias, et le siège enchaîne les directives contradictoires encore plus vite que vos vendeuse n’accumulent les arrêts maladies. Il vous faut régulièrement palier au manque d’effectif et aux surcharges quotidiennes de travail. Machinalement, les liens se resserrent avec le reste de l’équipe, et un noyau dur se forme tranquillement entre les trois temps pleins et deux jeunes étudiantes, en contrat à temps partiel. 
Les galères s’enchaînent, mais tant que les relations humaine fonctionnent, rien n’est insupportable. Et heureusement, parce que la période de forte activité bat son plein. Et elle commence à se faire sentir.
Debout sur le parvis de l'entrée principale, les trois semaines de soldes écoulées se lisent sur votre visage. Les nuits de 3 heures peinent à compenser des journées qui en durent 14, surtout quand vous êtes conscient que seules 7 heures apparaîtront sur votre fiche de paie. 
Mais le plus insupportable reste la mauvaise foi de votre supérieur hiérarchique, croisement improbable entre Simplet et Panoramix après une chute dans une marmite de tabac froid. Vous savez parfaitement que vos heures supplémentaires ne serviront que votre obsession névrotique du travail bien-fait. Car parmis les connards à gros bide de la centrale, ou “Réseau” comme ce ramassis de tas de merde se plaît à l’appeler, vous savez qu’aucun ne prendra la peine de décrocher son téléphone pour vous dire:

- merci d’avoir bosser pour quatre et de nous avoir permis de faire des bénéfices pour nos actionnaires. Je me gratte le bide en pensant à ma prime qui me permettra de pme payer des putes à Ibiza. Evidemment, vous comprendrez que nous ne pouvons malheureusement pas vous augmenter. C’est la crise, vous comprenez.” 

Vous en êtes conscient, et vos collègues également, que quel que soit les résultats, ce ne sera jamais assez et que tout le monde se tamponne le coquillard de votre investissement dans le fonctionnement du point de vente. 
Mais qu’importe, vous bossez comme des chiens. Ou Comme des cons. Mais en adéquation avec votre manière de faire et vos principes. Tant qu’à crever, autant le faire la tête haute et votre conscience pour vous.
Alors si vous et vos collaborateurs avez la franchise d’admettre que vous vous démener pour une gloire qui n’existera jamais, vous attendez la même honnêteté de vos supérieurs.
Mais non. Votre DR s’entête à vous prendre pour un con et à prétendre que tout va bien dans le monde des bisounours. Jamais il n’admettra que sur son nuage, vous êtes GrosCouillon.
Epousant l’hypocrisie générale de la société, il ne cesse de vous bourrer le mou avec ses principes imaginaires, qui ne lui servent en réalité qu’à se dédouaner en cas de dépression nerveuse de ses équipes: 

- Vous avez la responsabilité de la bonne marche du magasin. S’il y a des heures à effectuer, c’est à vous de les faire. Vous n’embaucherez personne. Bien sûr, chez nous, il n’y a pas d’heures supplémentaires payées, puisqu’officiellement, les heures sup n’existent pas. Mais vous aurez des jours de récupérations. Appelez moi la semaine prochaine, pour qu’on en parle. Et, j’oubliais, même si vous êtes en train de crever, vous n’embaucher personne. Vous n’avez pas le budget d’heures. C’est à vous de faire le boulot.

Enfin. Comme toujours, un fossé sépare théorie et réalité. Et sur le terrain, les beaux discours de Passe-Partout n'effacent pas les marques sur votre visage. 
Des cernes noires cerclent vos yeux et votre corps donne l'impression d'être un long muscle constamment au bord du claquage. La tête vous tourne régulièrement, en proie à des vertiges brutaux. Plusieurs fois par jour, des milliers de petits points blancs, semblables à des étoiles, obstruent votre champ de vision. Vous devez vous tenir au mur du magasin pour ne pas vous écrouler, et le temps de récupération nécessaire après ces voyages interstellaires ne cessent de croître de manière assez inquiétante.
Tout ça n'est que le résultat de votre régime du moment: mauvaise alimentation, rythme de travail digne de l’empire du soleil levant et soirées sur-alcoolisée à écouter l'intégral de James Blunt en chialant vos tripes. L'état de votre corps reflète celui de votre mentale.
Pourtant vous continuez de vous lever aux aurores, animé par des nerfs qui refusent de lâcher. Vous refusez d'être faible, jetant chaque jour vos dernières forces dans la bataille, surpris de creuser encore plus profond dans vos réserves le lendemain. 
Mais au fond de vous même, vous ne désirez qu'une chose: exploser et vous écrouler d'épuisement, sur la surface de vente, où n'importe où ailleurs. Peu importe tant que vous relâchez la pression qui vous ulcère les tripes. Vous voulez simplement craquer une bonne fois pour toute. 
Craquer pour respirer. Exploser pour vous libérer. Chuter pour pouvoir repartir sur des bases saines. 
Et à 8h00 du matin en ce samedi ensoleillé de juillet, votre ventre vide crie famine. En accord avec votre humeur du moment, vous le nourrissez d’une sixième Marlboro en l’espace de deux heures, et profitez de la douceur estivale pour prendre du recule sur l’océan de merde qu’est devenue votre vie en très peu de temps.

.... A suivre... Acte 19, scène 2: Goodbye my lover...

Pendant toutes ces périodes de soldes et tous magasins confondus, un de mes petits plaisirs consistaient à arpenter les rues le nez braqué vers le ciel, les nerfs au bord de l’explosion, la rage dans le bide, et la laisser racler jusqu’au larme les mots de Trent Reznor, sur le premier album: 
Well you’ve got me working so hard lately,
working my hand until they bleed
If Iwas twice the man I could be
I’d still be half of what you need
Et pour les fans de NIN, la version studio s’appelle Ringfinger. Mais une versio démo existe. Le morceau s’appelle “Twist”, et le refrain, différent de l’album, est sans nul doute mille fois plus puissant:
You can go a little deeper
I’m wearing this chains
You make it hurt real good
I love the pain
Ce fut ce que j’écoutais en prenant ma douche après avoir quitté ces salopards de MIM...

P.S: Après la branlée prise sur l’acte 18, ma prétention fut quelque peu piquée à vif. Mais vu la daube que c'était... Déjà de base ça vole pas haut, mais là... Mais ce qui est fait est fait, et l'idée était malgré tout lisible en filigrane. 
Comme m’ont dit plusieurs personnes: écris pour toi, tu ne pourras jamais contenté tout le monde.
Et je reconnais que la récréation puérile était surtout là pour me laisser le temps de cicatriser du trou de balle suite aux précédents épisodes.
Néanmoins, un pote m’a fait une remarque: “c’est sympa l’idée des épisodes, comme ça je peux les lire tranquillou sur mes chiottes.”
Donc, d'auteurs facebook, j'essaie de grimper une marche: auteur de chiotte. Mon coco, puisses tu un jour te torcher carrément avec mes écrits (tu peux le faire dès maintenant, mais ce serait moche pour ton Iphone)...
Et un autre reproche récurrent quant aux anciens actes de “la mort du romantisme”, au delà de leur piètre qualité, était: “c’est trop long, fait plus court”...
Alors on va encore tenté un truc, parce qu’après tout qui ne tente rien n’a rien.
Donc on découpe, en espérant que ça incite les quelques lecteurs à lire la suite. 
Parce qu’une fois les mains dans le caca, c’est pas évident de se décider... Mais l'essentiel, c'est de trifouiller la merde, du moins de mon côté du clavier... 
NDLR: je déteste ces excès prétentieux... Mais bon, allez, ça m'aide à me masturber, alors:))))